ASSASSINAT D'UN ASPIRANT COMPAGNON
DU TOUR DE FRANCE ?

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  1. Où en est le dossier aujourd'hui
  2. Les motifs des juges d'instruction
  3. Des délais exorbitants
  4. Les juges d’instruction n'ont vérifié aucun témoignage
  5. Le ruban de couleurs
  6. Les juges d’instruction ont refusé l’audition de témoins essentiels
  7. Rien n'embarrasse le juge d'instruction dans ses conclusions

1. Où en est le dossier aujourd'hui

Un nouveau juge d’instruction a été nommé à Pau en septembre 2004. En charge du dossier d’Alain, sa première action, deux jours après son entrée en fonction, a consisté en l'envoi d'un avis de clôture de l'information judiciaire, dans le but de fermer le dossier par un non-lieu, envoi réitéré en mai 2005, puis en août 2006.

Cette affaire a été suivie par deux procureurs de la République et deux juges d’instruction ; de septembre 1998 à août 2004, le dossier a été suivi par Jean-Pierre Dreno et Thierry Pons, qui avaient été choisis à leurs postes en 1996 par le garde des Sceaux Jacques Toubon, avec avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature pour Th. Pons. Après la clôture de l'instruction de l'affaire Destrade en 2004 (affaire financière jugée à Pau mettant en cause plusieurs partis politiques, et dont l'instruction étalée sur 10 ans s'est soldée par des peines insignifiantes), ces deux magistrats ont été promus par le ministre de la justice, Dominique Perben, l'un procureur de la République à Perpignan, l'autre maître de conférence à l'École nationale de la magistrature.

Le même garde des Sceaux a alors nommé à Pau deux successeurs : Jean-Luc Puyo, auparavant juge d'instruction à Tarbes (dans le ressort de la cour d'appel de Pau), avec avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature, et Éric Maurel, alors procureur de la République de Saint-Omer (voir quelques éclaircissements sur l'organisation de la justice en France).

Ces quatre magistrats n'ont affiché qu'un seul but : classer le dossier sur conclusion de suicide, confortés dans cette voie par la chambre de l’instruction de la cour d'appel de Pau, qui réside dans les mêmes locaux que le tribunal de grande instance de Pau.

2. Les motifs des juges d'instruction

À partir du 7 juin 2001, les juges d'instruction ont invoqué dans la plupart de leurs ordonnances « l’état actuel du dossier, à ce jour très avancé ». Pourtant, plusieurs témoins importants n'avaient pas et n'ont toujours pas été entendus malgré nos demandes insistantes.

À l’exception de l’enquête initiale des 12 et 13 septembre 1998, toutes les expertises, toutes les auditions effectuées l’ont été à nos demandes par l’intermédiaire des avocats successifs qui se sont occupés du dossier : un avocat de Pau (de 1998 à 2000), une avocate de Lyon (de 2000 à 2002) et, depuis 2002, un cabinet d'avocats de Paris. Certaines demandes ont été systématiquement refusées, surtout les plus importantes.

Dans cette même ordonnance du 7 juin 2001, le juge d’instruction expliquait que « l’ensemble des investigations effectuées (expertises et investigations confiées au SRPJ de Bordeaux antenne de Pau) n'ont pas permis d'étayer une hypothèse criminelle du décès d’Alain Dubois. » Cette formule et la précédente ont été répétées depuis dans la plupart des ordonnances. En septembre 2000, soit deux ans après le décès d'Alain, à la suite de demandes insistantes d'auditions de témoins, le juge d’instruction a désigné un seul enquêteur basé au commissariat de Pau pour suivre ce dossier, et il n'a lui-même entendu aucun témoin.

Toutes nos demandes de contre-expertises ont été refusées, malgré certains rapports d'expertises incomplets ou aux résultats aberrants. Seuls quelques compléments d'expertises ont été accordés, effectués par les mêmes experts, donc avec les mêmes résultats et les mêmes conclusions.

À chaque appel, la chambre de l’instruction a donné raison au juge d'instruction pour chaque contestation importante ; elle ne l'a contredit qu'une seule fois, pour une question mineure.

3. Des délais exorbitants

Une instruction pour recherche des causes de la mort a été ouverte au tribunal de Pau en novembre 1998, un mois et demi après notre dépôt de plainte contre X pour meurtre, une instruction pour assassinat en avril 1999, trois mois après notre constitution de partie civile et sept mois après le décès d'Alain. L'autopsie a été réalisée seulement le 26 novembre 1998, deux mois après le dépôt de plainte, deux mois et demi après le décès d'Alain.

N'ous n'avons obtenu une copie du rapport d'autopsie, rédigé le jour même, que le 28 mai 1999, ainsi que les résultats de l'analyse des cheveux.

Pour les vêtements d'Alain remis au juge d’instruction le 14 juin 1999, il nous faudra attendre le 27 septembre 2000 pour prendre connaissance des conclusions du rapport d’expertise, c'est-à-dire quinze mois.

Les résultats d’une recherche d’ADN sur les taches de sang des vêtements ont été communiqués vingt et un mois après la demande déposée par l’avocat. L’expert désigné a mis huit mois pour effectuer cette expertise.

Demandée par l'avocat le 9 novembre 1999, ordonnée le 8 février 2000, l'expertise technique censée déterminer le point de chute du haut du Belvédère a été terminée le 22 mars 2001, soit treize mois et demi après l'ordre de mission ; les conclusions du rapport nous sont parvenues le 3 mai 2001, dix-huit mois après le dépôt de la demande. Après un refus de contre-expertise, la conclusion d'un complément d'expertise nous a été envoyée le 28 novembre 2001 : sept mois et demi de plus.

Les auditions des quatorze compagnons charpentiers censés avoir assisté à la réunion du vendredi 11 septembre 1998 au siège de Lons, demandées le 24 septembre 1998, ont été achevées au début de septembre 2001, soit au bout de presque trois ans. Pour obtenir ces auditions, il a fallu beaucoup d'insistance de la part de l'avocate de Lyon. Pourtant, il suffisait au juge d'instruction de demander les noms et adresses de ces compagnons au siège de Lons ; ils habitent tous à moins de cent kilomètres de Pau.

Comme justifications à ces multiples retards, le juge d'instruction a invoqué à chaque fois des « maladies des experts »...

4. Les juges d’instruction n'ont vérifié aucun témoignage

À ce jour, nous n'avons aucune preuve formelle de la présence effective d'Alain à Pau et à Lons le soir du 11 septembre 1998. Le juge d'instruction a fait entendre uniquement les compagnons charpentiers directement responsables de la prétendue exclusion d'Alain.

Une photocopie présentée comme celle du cahier de séances des compagnons charpentiers de Lons porte pour la date du 11 septembre 1998, parmi des anotations à caractère domestique, la mention laconique :

« Le cas Dubois asp-charpentier
Les C:.[compagnons] décident de le virer du tour de France
Courrier à Tours et Lyon pour faute grave »

Pourtant, le 27 novembre 2000, lors de son audition, après avoir énuméré les fautes qu'il attribuait à Alain, le secrétaire de séance avait déclaré :

« La décision d'exclusion avait été prise à l'unanimité des membres présents, soit une dizaine. J'avais mentionné tout cela sur mon compte rendu. »

On cherche en vain dans ces pages d'autres explications sur cette exclusion, en particulier une mention ou une allusion à l'altercation censée avoir eu lieu peu de temps auparavant dans une fête locale. Or cette cause essentielle aurait été particulièrement discutée ce soir-là entre les compagnons et Alain ; malgré cela, sur quatorze charpentiers ayant déclaré avoir assisté à cette séance, quatre seulement l'ont mentionnée dans leur déposition.

Il en est de même pour les autres « fautes » reprochées à Alain. Une demande de changement d'employeur de sa part aurait entraîné une remontrance ; or, chez les compagnons, le changement d'entreprise, afin d'apprendre le maximum de techniques, est un des éléments essentiels du tour de France. Trois compagnons seulement l'ont mentionnée dans leurs auditions, dont deux versions différentes.

Le second reproche se rapportait à une absence à un repas, évoquée différemment par deux compagnons sur les quatorze.

Un des principaux motifs d'exclusion invoqués contre Alain est le suivant : il aurait invité sans autorisation au siège de Lons un étranger au compagnonnage pour faire un exposé sur les matériaux de construction naturels ; cette initiative lui aurait valu un avertissement. Le problème, c'est que « l'étranger » en question était un compagnon de la fédération compagnonnique, affilié au siège de Lons, et que ce compagnon d'une autre corporation a déclaré avoir fait la connaissance d'Alain le jour de son exposé. Donc, Alain ne le connaissant pas avant n'a pas pu l'inviter. Cette fois encore, trois compagnons seulement ont parlé de cette causerie, avec trois explications différentes.

Pour étoffer leurs griefs, cinq compagnons ont ajouté aux causes d'exclusion une porte cassée par Alain, réparée par lui pour l'un, qu'il avait refusé de réparer pour un autre. Nous avons eu un témoignage précis au sujet de cette porte : l'auteur du dégât nous a expliqué qu'elle avait été endommagée et réparée par lui, et que cela n'avait jamais concerné Alain.

Curieusement, cinq compagnons charpentiers ont dit ne plus se souvenir de rien. Les exclusions d'aspirants, membres à part entière du compagnonnage, sont pourtant marginales et la mort de l'exclu tout de suite après la séance aurait dû marquer leur mémoire de façon indélébile.

Pourtant, tous ces errements et ces contradictions dans les dépositions n'ont amené ni l'enquêteur ni les juges d'instruction à se poser des questions, à effectuer des comparaisons, des vérifications, et à pousser plus avant des investigations dignes de ce nom. Les deux juges d'instruction ont écrit que « les conditions dans lesquelles l'entretien du 11 septembre 1998 s'était déroulé ont été clairement établies ». Ils n'ont pas non plus tenu compte du non-respect des statuts de la société des compagnons charpentiers de la F.C.M.B., versés au dossier en novembre 2000, après encore beaucoup d'insistance de notre part.

5. Le ruban de couleurs

Si Alain avait bien été exclu de la Société des compagnons charpentiers de la fédération compagnonnique des métiers du bâtiment, nous ne devrions pas être en possession de son ruban de couleurs. Si les compagnons avaient convoqué Alain à une réunion disciplinaire pour le 11 septembre, ils lui auraient nécessairement demandé de l'apporter, puisque cet insigne essentiel est obligatoirement confisqué à tout sociétaire exclu.

6. Les juges d’instruction ont refusé l’audition de témoins essentiels

Demandée depuis octobre 1998, l'audition de toutes les personnes présentes dans les locaux de la fédération compagnonnique de Lons ce soir-là a toujours été refusée par les juges d'instruction, refus approuvé par la chambre de l'instruction. Le 27 août 2003, le dernier argument de Th. Pons a été :

« Attendu [...] qu'enfin il apparaît également peu probable que ces jeunes se souviennent de cette soirée cinq ans après la mort d'Alain Dubois. Qu'il apparaît dès lors inutile de lancer de nouvelles investigations, par ailleurs probablement longues et difficiles... »

Comme aucun témoin extérieur ne s'est officiellement manifesté, nous sommes en droit de douter de la venue d'Alain au siège de Lons le 11 septembre 1998. De même, nous pouvons douter que les jeunes aient oublié cette soirée, s'ils ont vraiment vu Alain au siège ; car le décès de l'un des leurs tout de suite après son passage parmi eux a dû marquer durablement leur mémoire.

7. Rien n'embarrasse le juge d'instruction dans ses conclusions

Le 26 décembre 2005, Jean-Luc Puyo, le juge d'instruction, répondait à une demande de l'avocat, datée du 9 décembre 2005, par une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire. Dans une ordonnance similaire, du 30 mai 2005, ainsi que dans une autre du 5 novembre 2004, il avait déjà utilisé mot pour mot les mêmes arguments, repris ensuite dans les pages de 2 à 5 de l'ordonnance de non-lieu reproduite à la fin de cette page web. Dans ces différents courriers, il s'est contenté de recopier les arguties émises par son prédécesseur Th. Pons dans ses différentes ordonnances.

Page 1 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

Page 6 Extrait de la page 6 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

Quand le juge d'instruction écrit que cinquante-sept témoins ont été entendus, c'est faux : il compte toutes les auditions et non les personnes, car certaines ont été auditionnées deux ou trois fois, souvent pour des question de peu d'importance. En réalité, seulement quarante-sept personnes ont été entendues. À toutes on a posé des questions anodines sans se préoccuper des discordances dans les réponses.

De multiples expertises et compléments d'expertises : tous ont été effectués à notre demande, tous sont à peu près vides d'informations précises et toutes les demandes de contre-expertises déposées par les avocats ont été refusées.

Page 7 Extrait de la page 7 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

Des parties infimes de grandes taches de sang ont été analysées. Une demande d'analyses d'autres parties des vêtements s'est soldée également par un refus.

Extrait de la page 7 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

Nous serions très intéressés de savoir dans quelle pièce du dossier le juge d'instruction a trouvé cette demande datée du 16 septembre 1998 : à cette date, nous ignorions tout de l'histoire d'Emmanuel Bouchet. Par ailleurs « tous les rapprochements utiles et sérieux » ont été soigneusement évités par les magistrats et par les policiers, qui étaient les mêmes pour les deux affaires. Hormis les demandes des parties civiles, le dossier judiciaire ne contient aucune pièce traitant à la fois des deux décès.


Page 8 Extrait de la page 8 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

En ce qui concerne la feuille de palmier, se reporter à la page 3 de l'ordonnance de non-lieu.

L'heure indiquée par la montre bloquée d'Alain n'a jamais intéressé les policiers ni les juges d'instruction, car elle correspondait à l'heure indiquée par un compagnon pour le départ d'Alain du siège de Lons. Pourtant, lors du décès d'un autre jeune, Hervé Boy, retrouvé dans un canal près de la gare d'Orthez (64) en décembre 1999, l'heure indiquée par sa montre a tenu lieu de preuve de l'heure du décès.

Page 9 Page 9 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

« ... que toutes les reconstitutions envisageables avaient été effectuées tant dans le cadre de transports sur les lieux... » : précisément, la reconstitution avait démontré l'impossibilité de tomber du haut du Belvédère sur le terre-plein. Alors, pourquoi les juges d'instruction refusent-ils aussi obstinément d'en tenir compte ?

Quant aux vêtements, nous devons nous contenter d'une description sommaire, car Th. Pons a écrit dans son ordonnance de refus de contre-expertise du 20 novembre 2000 au sujet du rapport d'expertise du laboratoire de police scientifique de Toulouse :

« Attendu qu'il apparaît que le rapport qui comprend 25 pages est particulièrement complet et précis ».

Sur 25 pages, ce rapport contient en fait 5 pages de descriptions, une page de méthodes et 3 pages de résultats ; excepté la présence de sang non identifié, on n'y trouve aucune analyse des taches de couleur. Rappelons que le juge d'instruction n'a pas demandé la comparaison entre la terre sur les vêtements et celle du terre-plein.

Page 10 Page 10 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire
Page 10 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

Page 11 Page 11 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

« ... au prétexte d'une plus grande rigueur scientifique, de procéder à une telle opération avec un corps humain (!) ».

Il est particulièrement révoltant pour une famille de victime de se voir opposer un tel argument pour justifier un refus de tenir compte du résultat imparable d'une reconstitution officielle (celle du 14 juin 1999), en suggérant que cette horrible demande peut provenir de la famille elle-même.

Il est tout aussi significatif de refuser de faire le parallèle entre d'autres décès survenus dans le même secteur, et pour lesquels les constats de police ont été versés au dossier d'Alain à la demande de l'avocat. En effet, en quelques années, trois personnes ont été retrouvées mortes au pied du Belvédère. Toutes sont tombées dans l'allée ; Alain seul a été trouvé sur le terre-plein. Ces trois décès ont été classés en suicides.

Il faut rappeler qu'il incombait aux policiers de placer les vêtements sous scellés et aux magistrats de les faire expertiser. Mais comme le suicide avait été décidé dès la découverte du corps, ni les policiers ni le procureur de la République ne se sont embarrassés de légalité.

Page 12 Page 12 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

Les experts du laboratoire de police scientifique de Toulouse n'ont pas ébauché la moindre explication au sujet de la façon dont avaient pu être provoquées les déchirures et les éclatements des vêtements d'Alain (par exemple tiraillements violents, cutter, etc.). Les experts en technique de chute (dont deux médecins) ont été péremptoires : frottement contre la paroi du bâtiment et rien d'autre.

Dans sa réflexion sur l'historien spécialiste des sectes, le juge d'instruction oublie que le procureur de la République n'a pas ordonné d'autopsie immédiate malgré le décès sans témoin sur la voie publique, que le certificat médical initial ne contient que six lignes, et que pas un seul des quatre médecins légistes n'a donné d'explications aux anomalies physiologiques figurant malgré tout au dossier : absence de lividités déclives, hématome, bras dressé vers le haut, décrit par la personne qui a découvert le corps, et parfaitement visible sur les photos de l'Identité judiciaire, etc.

Page 13 Page 13 d'une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire

« ...les conditions du départ d'Alain Dubois des locaux de l'association [...] ont en effet été clairement dépeintes [...] ».

Rappelons que personne n'a déclaré avoir vu Alain où que ce soit à Pau ou dans la région ce soir-là, excepté les compagnons charpentiers, dont les dépositions sont émaillées de contradictions.

Dans les jours ayant suivi le décès d'Alain, trois personnes seulement ont été entendues : deux compagnons charpentiers et le locataire du Pavillon des Arts, qui a découvert le corps. Deux inspecteurs de police ont effectué une tournée des bars situés à au moins cent mètres, intitulée « enquête de voisinage », mais n'ont pas posé de questions aux employés du funiculaire, pourtant placés aux premières loges quand quelque chose se passe aux alentours du Pavillon des arts. Pour cette « enquête de voisinage », les policiers n'avaient d'ailleurs aucune photo d'Alain à montrer à d'éventuels témoins, car tous ses papiers d'identité avaient été remis aux parents et les photos de l'identité judiciaire n'étaient pas développées. Ils n'ont pas non plus interrogé qui que ce soit dans les maisons et les rues à proximité du siège des compagnons à Lons.

« ...au-delà du souci — par ailleurs parfaitement compréhensible et respectable au sein d'une famille cruellement traumatisée - de faire perdurer l'information ... ».

Non content de se moquer de nous en vantant des expertises vides de résultats et des auditions incohérentes, le juge d'instruction ose mettre notre constance à essayer de savoir qui a tué Alain sur le compte du traumatisme. Comment espère-t-il nous convaincre du suicide d'Alain avec un dossier aussi dépourvu d'explications logiques ?

Page 1 Page 1 de l'ordonnance de non-lieu
Page 2 Page 2 de l'ordonnance de non-lieu

Pages 2 et 3 : au sujet de la feuille de palmier, le juge d'instruction écrit :

« [...] aucun élément ne permettait de déterminer ou d'affirmer que cet arrachage était contemporain à la chute d'Alain Dubois et encore moins lié à celle-ci »

Jusqu'à ce jour, bien que détruite immédiatement, cette palme a été présentée comme un indice du passage d'Alain sur la terrasse. (Voir Accueil et exposé des faits). En outre, l'inspecteur de police qui a reçu les parents leur a menti ; il leur a assuré que le corps d'Alain avait été découvert par une dame promenant son chien, alors qu'il s'agissait du mari de la concierge. Bien entendu, il n'était pas nécessaire qu'ils cherchent à rencontrer cet homme dès le 13 septembre 1998 : ils auraient déjà douté du suicide.

En ce qui concerne les constatations du médecin, le juge d'instruction se contente de récopier : absence de lividités déclives, tout comme à la page 4 il écrit : absence d'hématome profond en dehors de celui trouvé en regard du foyer de fracture fémoral. Le fait que le dossier ne contienne aucune explication sur ces deux questions soulevées avec insistance par les avocats ne lui pose aucun problème.


Page 3 Page 3 de l'ordonnance de non-lieu

Aux pages 2 et 3, de même, commentant l'enquête, le juge d'instruction écrit :

« L'enquête allait permettre d'établir qu'Alain Dubois [...] irrévocable. Le secrétaire des compagnons charpentiers de la fédération devait confirmer les éléments apportés par N.O. »

Pour cette question encore, il n'est vraiment pas difficile sur les concordances de ces deux dépositions recueillies le dimanche matin 13 septembre 1998, moins de 36 heures après le début de la réunion du vendredi. Les deux charpentiers se sont contredits sur presque tous les points. Voir lundi investigation.

Par ailleurs, le 13 septembre, la mère d'Alain n'avait pas encore vu dans quel état se trouvaient les vêtements. En ce qui concerne l'éventualité d'une exclusion d'Alain au mois de juin, cette supposition n'a été mentionnée par aucun des charpentiers.

Le cheveu : depuis quand conserve-t-on UN cheveu en vue d'une expertise ?


Page 4 Page 4 de l'ordonnance de non-lieu

Mentionnées à la page 4, les photos prises par le policier de l'identité judiciaire le 12 septembre 1998 n'avaient jamais été développées. Elles l'ont été le 17 décembre 1998 à la demande du juge d'instruction à la suite du transport sur les lieux.


Page 5 Page 5 de l'ordonnance de non-lieu

A la page 5, le juge d'instruction appelle cela « un environnement complet du défunt ». S'il a été très facile d'obtenir les auditions des jeunes du siège de Tours, lesquels ne connaissaient que très peu Alain, l'ayant côtoyé pendant moins de deux semaines, il a été impossible de faire entendre les témoins directs que sont les jeunes présents au siège de Lons le soir du 11 septembre 1998. Pourtant, les itinérants de Tours étaient, au moment de leurs auditions, eux aussi dispersés dans de plusieurs départements. Envoyer des commissions rogatoires et retrouver des témoins tels que ces jeunes n'est pas un problème dans une enquête sérieuse.

Par contre le juge d'instruction reconnaît que les compagnons, ainsi d'ailleurs que toutes les personnes entendues ont été unanimes : Alain n'avait aucune tendance suicidaire.

Il qualifie bien de « reconstitution » la démonstration effectuée le 14 juin 1999, mais oublie de mentionner les résultats obtenus (voir Un article du journal Sud Ouest). Des explications sur l'expertise de chute figurent à l'article Quelques bizarreries de l'instruction judiciaire


Page 6 Page 6 de l'ordonnance de non-lieu

Au bas de la page 5, un paragraphe intéressant commence par « Ces contatations [...] » et se termine page 6 par « [...]ces éventuels agresseurs ». Il suffit de comparer ces commentaires avec la photo des lieux. De qui le juge d'instruction se moque-t-il ? L'allée en contrebas du Pavillon des arts est accessible aux camions du type utilisé par les employés municipaux entretenant les espaces verts situés de part et d'autre du bâtiment. De plus ce lieu est accessible également par la large allée descendant sous le funiculaire au niveau de l'étage intermédiaire ; il est tout à fait possible d'y amener un corps dans une voiture et de le passer par-dessus le mur pour ensuite, en passant par l'allée du bas, le porter à l'endroit où Alain a été découvert. Il n'est pas nécessaire d'être acrobate ; un enfant de cinq ans étant capable de monter sur ce talus, a fortiori des compagnons charpentiers habitués à escalader des toitures le sont donc également, de même que tout individu doué d'une motricité normale.

Le juge d'instruction a aussi écrit que les experts « expliquaient notamment qu'ils n'avaient pas tenu compte des opérations de reconstitution avec mannequin lesté dans un souci - louable - de rigueur scientifique ». Ces experts ont appliqué la démarche inverse à celle que tout technicien ou chercheur scientifique utilise : on émet une hypothèse de travail, on effectue les calculs nécessaires à sa réalisation, puis on passe à la phase pratique. Pour expliquer la chute d'Alain, puisque la phase pratique (la reconstitution avec les mannequins) n'avait pas réussi à prouver que la chute était possible sur le terre-plein, les experts ont décidé d'apporter cette preuve sur le papier, mais sans exposer des opérations de physique incertaines que des spécialistes neutres auraient pu vérifier.

On lit que « les blessures constatées sur le corps du jeune homme étaient scientifiquement parfaitement compatibles avec les paramètres physiques et énergétiques retenus ». Une chute de 28 mètres laissant toutes les côtes et la colonne vertébrale intacte tout en tuant la victime, cela tient du miracle.


Page 7 Page 7 de l'ordonnance de non-lieu

Il est évident, quand on a soin d'éviter d'interroger les témoins directs, de poser les questions utiles à celles qui sont entendues, d'effectuer les vérifications et les comparaisons indispensables, il est normal dans de telles conditions qu'on ne trouve rien de répréhensible dans la mort d'un jeune de 20 ans dynamique et plein de projets.


Page 8 Page 8 de l'ordonnance de non-lieu

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18/09/2006