Les vêtements portés par Alain au moment de son décès étaient déchirés de toutes parts, couverts de terre, de végétaux et maculés de nombreuses taches de sang. La chaussure de tennis gauche qu'il portait n'a jamais été retrouvée, malgré les recherches que les policiers de Pau ont écrit avoir effectuées aux alentours. Les taches et les déchirures, qui sont parfaitement visibles sur les photos prises par le service de l'identité judiciaire, n'ont été mentionnées dans aucun des procès-verbaux rédigés lors de l'enquête qui a suivi la découverte du corps d'Alain. On trouve seulement, dans l'un d'entre eux, cette mention : « Constatons que tous les vêtements sus-décrits sont humides ». Sept policiers et un médecin généraliste ont pourtant eu la possibilité de faire des observations écrites directes sur le corps et sur les vêtements. Trois d'entre eux se sont contentés de décrire le type des vêtements et leurs couleurs. Un policier a remis aux parents les habits dans un sac de poubelle noir et opaque, sans les montrer, avec pour seul commentaire qu'il pleuvait au moment de la découverte du corps.
La veste neuve en velours côtelé était maculée de terre, de végétaux et de sang.
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À la suite d'une demande de la famille réclamant que les vêtements soient analysés, les experts du Laboratoire de police scientifique de Toulouse, parmi lequels figurait le directeur de l'institution, Claude Galey, ont répondu :
« Les quelques zones terreuses et particules minérales observées sur la veste ne constituent pas un échantillon de terre suffisamment conséquent pour être analysé. »
La veste portait une tache de sang de 80 cm de long sur 16 cm de large du col jusqu'au bas du dos, ainsi que plusieurs autres taches de sang à différents endroits. Pourtant les photos de l'identité judiciaire montrent le corps reposant sur de l'herbe épaisse, et une seule trace de sang d'environ 12 cm de long sur 2 cm de large sur l'herbe à l'emplacement de la tête.
La veste portait aussi deux coupures au col, faites avec un outil très tranchant.
Un bouton était arraché avec le morceau de tissu sur lequel il était cousu, et la poche intérieure avait un large accroc.
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Une fleur de bardane était accrochée dans le bas de la doublure. Un seul pied de cette plante vivace poussait à plus de trois mètres de l'emplacement du corps, beaucoup trop loin pour qu'Alain l'ait frôlé s'il était tombé du Belvédère.
Le pantalon en jean porté par Alain lors de son décès était presque neuf. Il était pourtant éclaté en plusieurs endroits. Il portait notamment une déchirure verticale de 25 cm le long de la poche arrière gauche.
Le fond était déchiré et décousu sur une quinzaine de centimètres.
La couture du côté droit était décousue sur 20 cm.
Les juges d'instruction et les experts qui ont participé à l'instruction ont qualifié ces détériorations de simples « éraillures », qu'ils disent avoir été causées par un hypothétique contact avec la paroi du bâtiment pendant la chute, bien qu'il soit impossible de frotter le long d'une paroi au cours d'une chute du Pavillon des arts, ainsi qu'on le voit sur la photo du bâtiment.
Le pantalon, souillé de terre, portait des taches et des traces de sang à différents endroits, en particulier sur le devant et sur le bas des jambes, alors que la seule blessure saignante d'Alain, à la tête, se trouvait en contrebas par rapport au reste du corps reposant sur le dos.
Les jambes du pantalon avaient été coupées verticalement par le médecin pour examiner le corps. Il est impossible de confondre ces coupures aux ciseaux avec les déchirures et les éclatements subis par ce tissu solide.
Le caleçon porté par Alain présentait différentes déchirures au fond et sur les côtés, ainsi que des traces de sang sur la cuisse gauche.
Cela n'était toujours que des « éraillures », selon les juges d'instruction et les experts.
Outre des taches diversement colorées, le dos du tee-shirt portait au niveau de l'omoplate gauche une auréole marron de 22 cm sur 16 cm entourant une traînée identifiée comme étant du sang de 14,5 cm sur 0,5 cm.
Ni les policiers ni le médecin n'ont rédigé de description de l'état du dos. Le médecin n'a décrit aucune des contusions qu'une chute aussi importante devait avoir provoquées. Le policier de l'Identité judiciaire n'a pris aucune photo du dos.
Un bouton de la chemise était arraché également avec le morceau de tissu sur lequel il était cousu.
Ces deux vêtements portaient de nombreuses taches et auréoles jaunâtres, rouges, roses, bleues, marron foncé. Au laboratoire de police scientifique de Toulouse, présenté comme particulièrement équipé et compétent, les experts ont déclaré :
« ...des taches rouges visibles sur la patte de boutonnage, sur le poignet de la manche gauche ainsi que vers l'épaule gauche.[...] Les traces rouges et bleues observées sur la chemise ne peuvent pas être analysées dans nos conditions opératoires. »
Contrairement aux vêtements maculés de terre et de sang, les chaussettes et la chaussure n'avaient aucune trace de sang ni surtout de terre. Alain n'avait pas marché sans chaussure, ni marché dans de la terre boueuse.
Les parents d'Alain avaient demandé au juge d'instruction que soient analysés les nombreux débris contenus dans le sac dans lequel les habits d'Alain leur avaient été remis. Le juge n'a pas envoyé ce sac au laboratoire, puis a refusé une nouvelle demande au motif que « ce sac poubelle n'(avait) contenu que les vêtements ayant déjà fait l'objet d'une expertise ». Il semble pourtant que dans une enquête sérieuse, les personnes chargées des investigations soient à la recherche de tous les indices disponibles.
http://perso.orange.fr/alain-dubois/
18/09/2006