ASSASSINAT D'UN ASPIRANT COMPAGNON
DU TOUR DE FRANCE ?

LES COMPAGNONS DU TOUR DE FRANCE

Photo d'Alain en tenue d'aspirant compagnon charpentier. Il porte la veste en velours côtelé noir et un ruban bleu appelé couleurs.

Alain en tenue d'aspirant charpentier

Sur la photo ci-contre, on voit Alain vêtu de la veste de charpentier en velours côtelé noir qu'il portait quand on l'a retrouvé mort.

Le ruban bleu épinglé à la poche, appelé couleurs, est l'insigne des aspirants, premier rang dans le compagnonnage.


  1. Ce qu'est le compagnonnage
  2. L'étrange comportement des compagnons
  3. Le siège de la FCMB à LONS (64)

1. Ce qu'est le compagnonnage

Le compagnonnage est un ensemble de sociétés regroupant des artisans et des ouvriers de l'artisanat. Ce sont des associations professionnelles dans le cadre de la loi 1901. Ce qui est moins connu, c'est le fait que ces sociétés sont doublées d'un mouvement ésotérique. Les sociétaires, qui ont le rang d'aspirants, de compagnons ou de compagnons finis, suivant leur degré d'initiation, sont égaux dans chaque association. Quand ils effectuent le tour de France, les jeunes hommes, appelés itinérants, sont pensionnaires dans des locaux compagnonniques appelés cayennes ou sièges, ayant le statut de foyers de jeunes travailleurs. Les itinérants changent de siège chaque année ou en cours d'année pour apprendre le maximum de techniques de leur métier en travaillant chez des employeurs différents. Par ce système, ils séjournent parfois très loin de leur famille et de leurs amis ; ils se retrouvent dans un univers assez refermé sur lui-même. En dehors de leur travail à temps complet chez un employeur extérieur, ils participent à des cours d'enseignement général et professionnel dispensés principalement par des compagnons sédentaires, à des rites initiatiques et à des sorties culturelles. En supplément, jusqu'à ce qu'ils soient reçus compagnons, les itinérants construisent chaque année une maquette dans laquelle ils incluent leurs connaissances techniques ; cette maquette est présentée lors de la fête patronale de leur corporation.

Les origines du compagnonnage

Les traditions des compagnons font remonter leur mouvement soit à l'Antiquité soit au Moyen Âge entre le Xe siècle et le XIIe siècle. Cependant, selon toute vraisemblance, le compagnonnage ne remonte pas à une période si lointaine. Même si on ne connaît pas avec certitude la date exacte de sa formation, son existence est attestée au milieu du XVIIe siècle. Certains historiens le font remonter au XVe siècle, mais les indices permettant de l'affirmer sont bien ténus et contestables. Les compagnons veulent croire et faire croire que leur organisation est plus ancienne pour des raisons ésotériques.

Les compagnons et la construction des cathédrales

On sait peu de choses sur la construction des cathédrales, sinon qu'elles sont le résultat, pour l'essentiel, d'un grand élan de ferveur populaire, l'oeuvre de gens ordinaires qui, comme l'ont décrit les quelques chroniqueurs du temps, ont souvent, pour une période, abandonné leur vie dans le siècle et vécu ascétiquement, mus par une piété habituelle à l'époque. Les cathédrales n'ont donc pas été construites seulement par un petit nombre d'artisans. De fait, les compagnons n'ont par exemple jamais compté dans leurs rangs de corporations de sculpteurs et n'auraient jamais pu extraire et transporter à eux seuls les millions de tonnes de pierre nécessaires pour bâtir les milliers d'églises qui, aujourd'hui encore, couvrent la France.

Les compagnons et leurs secrets initiatiques

Les compagnons prétendent parfois qu'ils gardent le secret sur leurs rituels parce qu'ils ont été condamnés par l'Église au cours des siècles passés. Pourtant, le compagnonnage n'a officiellement jamais particulièrement intéressé l'Église, même si, en 1655, des docteurs de la faculté de théologie de Paris ont émis un avis défavorable sur le mouvement après avoir relevé dans ses rites secrets l'existence de pratiques impies. Le secret était donc bien antérieur à la condamnation. À l'époque, le compagnonnage était une société secrète politique en lutte contre les excès des toutes-puissantes corporations de métiers, qui monopolisaient, pour le plus grand profit d'une minorité de familles, l'exercice des professions artisanales. Or, après la Révolution et la suppression définitive des corporations, cette vocation est devenue caduque et la société s'est alors lancée dans la mode de l'ésotérisme. Les compagnons se sont mis à prétendre avoir hérité d'une fabuleuse spiritualité qui leur serait parvenue du fond des âges, par l'intermédiaire des Templiers, des Cisterciens et de savants orientaux avec lesquels leurs prédécesseurs auraient été mis en contact lors des Croisades. Les compagnons se réfèrent à un fatras où il est question du personnage biblique de Marie-Madeleine, des Templiers, du Temple de Salomon, de néo-druidisme, de Kabbale, de mystères d'Éleusis, de New Age, etc. Lors de leur adoption, les aspirants jurent sur leur vie de garder pour eux les secrets qui leur seront révélés dans le cadre du mouvement. Les compagnons considèrent en effet que leur ordre a dû se protéger depuis que ses protecteurs revendiqués, les Templiers, ont été emprisonnés, torturés, brûlés sur ordre du roi de France Philippe le Bel, dont la vindicte aurait également poursuivi les compagnons pendant des siècles. Aujourd'hui plus que jamais, les compagnons ne s'expriment que très peu et toujours à mots couverts sur leur ésotérisme : le secret compagnonnique est indispensable tant il serait dommageable qu'une doctrine d'une si haute élévation d'esprit puisse tomber dans des oreilles profanes qui ne la comprendraient pas ou pourraient en tirer une utilisation dangereuse. Au total, le compagnonnage se conforme presque complètement au modèle de la société secrète ésotérique tel qu'on le trouve de nos jours reproduit dans quantité de sectes.

Les rites compagnonniques et les rites maçonniques

Les rituels de ces deux groupes de sociétés sont bel et bien distincts. Néanmoins, ils restent très proches. L'historien E. Martin Saint-Léon a montré au début du XXe siècle à quel point les catéchismes compagnonniques et maçonniques suivent en bien des endroits la même trame et se correspondent ligne à ligne. L'organisation générale, les symboles et les temples ont été copiés d'une société à l'autre. Par exemple, la chaîne d'alliance, sorte de ronde symbolique pratiquée lors de la plupart des réunions compagnonniques, est le pendant de la chaîne d'union maçonnique. Il n'est pas rare que des loges maçonniques prêtent leurs temples à des compagnons pour qu'ils y célèbrent leurs rites.

2. L'étrange comportement des compagnons

Photo de groupe des itinérants et des compagnons présents à Thouars à Pâques 1998

Cette photo a été prise à Thouars, dans les Deux-Sèvres, lors du week-end de Pâques en 1998, à l'occasion du congrès annuel des itinérants charpentiers de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment.

Les compagnons prônent la solidarité, comme l'indiquent les statuts de la Société des compagnons charpentiers des devoirs du tour de France, à laquelle appartenait Alain :

« ... De tous temps les compagnons charpentiers des devoirs du Tour de France ont facilité le voyage qui, sous le nom de Tour de France, forme les jeunes ouvriers dans la pratique du métier et les difficultés de la vie. Pour cela, ils leur assurent accueil, appui matériel et moral, leur procurent travail et groupement fraternel. »

Comment les compagnons peuvent-ils prétendre avoir exclu un jeune de 20 ans en pleine nuit et ne plus s'être soucié de lui, cela après l'avoir convoqué à 600 kilomètres de sa résidence ?

Surtout, les statuts de la Société des compagnons charpentiers des devoirs du tour de France précisent :

ARTICLE 9

« Pour leurs différends avec l'association ou des membres de celle-ci dans le fonctionnement de l'association ou l'exercice de leurs droits, les associés acceptent en première instance la juridiction du Conseil qui ne deviendra définitive qu'après ratification par l'Assemblée Générale. Ensuite chacun peut exercer ses droits juridiques, dans l'étendue et les limites que confère la loi du 1er juillet 1901 envers l'association ou chaque associé pour les obligations et le respect des statuts qui constituent entre eux le contrat social. »

Alain avait payé sa cotisation à la Société des compagnons charpentiers ; il était donc sociétaire : pourquoi les compagnons charpentiers de Pau-Lons affirment-ils l'avoir exclu « irrévocablement » en quelques minutes et en une seule séance, alors que, pour être définitive, une telle décision devait être ratifiée par l'Assemblée générale ?

Par une lettre datée du 24 septembre 1998, nous avions alerté tous les sièges de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment et toutes les corporations de nos doutes et de nos soupçons sur les circonstances de la mort d'Alain.

Si les compagnons charpentiers de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment sont étrangers au décès d'Alain, pourquoi ne nous ont-ils jamais proposé de nous aider dans notre recherche de la vérité ?

3. Le siège de la FCMB à LONS (64)

Photo du siège de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment à Lons (64).
Voici le siège de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment (FCMB), Mail de Coubertin, à LONS (Pyrénées-Atlantiques - 64). C'est le lieu où Alain DUBOIS aurait été vu vivant pour la dernière fois, par les compagnons charpentiers.


Le plan ci-dessous situe le siège de la FCMB.

Lons est une commune limitrophe de la ville de PAU, en direction du nord-ouest. Le siège des compagnons se trouve à environ 7 kilomètres du Pavillon des arts, le bâtiment au pied duquel le corps d'Alain a été découvert.

Plan de Lons montrant l'emplacement du siège de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment
Écrivez-nous par formulaire web ou
à l'adresse : famille.adubois@wanadoo.fr
Tél. : 04 70 46 37 01

Plan détaillé du site

http://perso.orange.fr/alain-dubois/
18/09/2006