ASSASSINAT D'UN ASPIRANT COMPAGNON
DU TOUR DE FRANCE ?

L'ÉMISSION DE CANAL PLUS /
LUNDI INVESTIGATION

L'Étrange suicide d'un compagnon du tour de France

Le lundi 10 octobre 2005, la chaîne de télévision Canal Plus a diffusé dans son émission hebdomadaire Lundi Investigation un reportage de 52 minutes intitulé L'Étrange suicide d'un compagnon du tour de France qui portait principalement sur les mystères entourant le décès d'Alain DUBOIS. Comme toutes les émissions sur un certain type de sujets, tels que l'affaire des disparus de Mourmelon, l'affaire des disparues de l'Yonne, l'affaire Dutroux, quelle que soit la chaîne de télévision sur laquelle elles sont diffusées, ce reportage ne rend pas compte de toute la complexité de l'affaire et de ses répercussions les plus importantes. On y entend quelques inexactitudes. Voici une liste de questions et réponses sur le sujet.

NB : Ce reportage a été rediffusé à plusieurs reprises en avril et mai 2006 sur la chaîne de télévision Planète (du groupe Canal Plus) dans le cadre d'une programmation thématique sur les sociétés secrètes. Il était précédé et suivi par des émissions intitulées Les Illuminati décryptés : anges ou démons, Voyage au pays des francs-maçons et Franc-maçon(nes) : nom, féminin, pluriel. Canal Plus a également rediffusé ce reportage en clair en août 2006.



Cette émission a-t-elle apporté des éléments nouveaux ?

Presque tous les éléments mentionnés dans le reportage sont inclus dans le dossier. Dans la durée d'une émission, il n'était pas possible d'intégrer les nombreux faits du dossier dans le reportage. Point très important, la chute des mannequins, filmée avec une rigueur qui ne figurait pas dans la reconstitution effectuée par la justice, a confirmé l'impossibilité de tomber depuis la terrasse jusqu'à l'endroit où a été trouvé le corps d'Alain. En effet, la justice s'est contentée de quelques photographies comme justificatif ; rien de la reconstitution n'a été filmé. Bien que les mannequins aient chuté aux mêmes endroits que celui des reporters, les magistrats et les experts ont conclu qu'il était tout à fait possible de tomber sur ce terre-plein, en produisant des raisonnements de physique aberrants. D'autre part, le témoignage du compagnon, accusant dans le film Alain d'avoir voulu l'agresser en compagnie de trois autres itinérants, est inédit et contredit totalement sa déposition judiciaire. Ce reportage est la première mention de l'affaire programmée par la télévision nationale.

Le compagnonnage remonte-t-il au Xe siècle ?

Cette question est développée à la page Les compagnons du tour de France. La tradition des compagnons fait remonter les origines de leur mouvement au Xe siècle. Cependant son existence est vraiment attestée au milieu du XVIIe siècle. La présence du compagnonnage sous sa forme actuelle sur les chantiers de construction des cathédrales du Moyen Âge est très contestée. Les compagnons entretiennent et préservent jalousement leurs secrets initiatiques tout en prétendant parfois que ces secrets n'existent pas.

Les rites compagnonniques sont-ils différents des rites maçonniques ?

Bien que très proches, les rituels de ces deux groupes de sociétés sont bel et bien distincts.

Les compagnons sont-ils des ouvriers d'élite ?

Certains compagnons sont particulièrement compétents, tandis que d'autres le sont beaucoup moins. Dans le reportage, les compagnons semblent notamment vouloir entretenir à leur avantage la confusion courante entre le lycée national du bois de Mouchard et l'institut compagnonnique, qui l'a remplacé dans les mêmes locaux en 1993 après que le premier a déménagé dans les années 1970 (il est resté sur la commune). C'est à cette occasion, et à la demande de politiciens locaux qui cherchaient une nouvelle utilisation pour les bâtiments, que l'institut a été créé. Il prépare à l'artisanat tandis que le lycée national, l'un des plus anciens et des plus prestigieux lycées techniques de France, forme des techniciens et techniciens supérieurs de l'industrie du bois, et enseigne le commerce international de ce matériau, ce qui explique l'allusion du directeur de l'institut compagnonnique à une « carrière internationale » de ses élèves. Des remarques insistantes dans les revues compagnonniques font état de manques de moyens de l'établissement.

Alain a-t-il suivi les cours du centre de Mouchard ?

Il nous paraît utile d'insister sur ce point : Alain n'a jamais été apprenti au centre de formation de Mouchard. Il a suivi des cours au Centre de formation des apprentis de Bellerive-sur-Allier, qui n'entretient aucun rapport avec le compagnonnage. Il n'est entré que par la suite dans le mouvement compagnonnique, en 1996. Le compagnonnage n'est pas une organisation scolaire, comme on pourrait le croire en regardant le reportage, mais un ensemble d'associations loi 1901, regroupant des artisans, au même titre que des clubs sportifs ou culturels.

La discipline au siège de Lons était-elle si stricte ?

Oui et non, la rigueur de la discipline dans le compagnonnage a été très mal représentée. La discipline s'exerce avec la rigueur la plus terrible, d'une façon autrement plus menaçante que ce qui a été montré, mais dans le domaine qui compte vraiment, celui de la doctrine et des secrets, plutôt qu'en matière ménagère. Ainsi, au siège de Lyon, des employées font pour les itinérants le ménage, la cuisine et tous les travaux domestiques. Cependant, à Lons, qui est une « campagne », une simple annexe du véritable siège compagnonnique situé à Anglet, il n'y a pas de personnel et les itinérants sont bien obligés d'effectuer certaines tâches, qui au demeurant ne constituent pas un « travail de forçat » pour de jeunes adultes. La discipline est peut-être assez stricte au centre d'apprentissage de Mouchard, sur certains points. Par contre, nous avons eu plusieurs témoignages insistant sur la consommation d'alcool dans la plupart des sièges ; ce problème semble concerner également l'institut de Mouchard. Les bars, largement approvisionnés en alcool, sont tenus par les itinérants — Alain avait été nommé responsable de celui du siège de Tours en septembre 1998. En ce qui concerne le siège compagnonnique de Lons, Alain avait pris, pendant l'année 1997-1998, des photos sur lesquelles on peut voir, assis au bar, certains des compagnons qui sont censés avoir participé à la réunion d'exclusion. Sur ces photos, on voit des compagnons visiblement éméchés et accoutrés de sacs-poubelles. La discipline chez eux est loin de correspondre à leurs déclarations. Cette abondance d'alcool ne présente pas une garantie de sérieux dans des sièges recevant des stagiaires mineurs.

La mère d'Alain a-t-elle dit qu'il avait fait un bras d'honneur ?

Non, la phrase en question a été coupée au montage de façon à lui faire dire le contraire de ce qu'elle déclarait. Ayant filmé l'entretien de notre côté, nous sommes en mesure de montrer la séquence entière, sans coupure, au format Microsoft MPEG4 V2 (3,41 Mo). À ce moment de la conversation, le sujet est la rencontre entre les parents d'Alain et l'un des compagnons de Lons :

Le reporter : Est-ce qu'il est entré dans le détail ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Les parents d'Alain : Oh non, non.
Le reporter : Il ne vous donne aucune explication ?
La mère d'Alain : Il ne nous a pas dit, non... Il nous a dit les griefs qu'il y avait contre Alain, qu'Alain avait insulté un compagnon à une fête dans les environs, et qu'il lui avait fait un bras d'honneur, et que ça, ça avait été vraiment la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. On a su plus tard que ça ne s'était pas du tout passé comme ça.

De ce passage sans ambiguïté, le reportage ne retient que :

La mère d'Alain : ... Alain avait insulté un compagnon à une fête dans les environs, et qu'il lui avait fait un bras d'honneur, et que ça, ça avait été vraiment la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase.

Le compagnon D. a-t-il déjà dit avoir été agressé par Alain ?

Non, c'est une nouveauté. Lors de son audition en décembre 2000, D. a déclaré qu'il n'avait jamais eu directement affaire à Alain jusqu'à une fête locale en août 1998. Ce jour-là, il se serait trouvé dans un bar en présence de trois ou quatre itinérants du siège de Lons. Brusquement, l'un d'entre eux (qui n'est pas Alain) se serait retourné vers lui et aurait menacé de lui casser la figure. Alain, a expliqué D., n'aurait pas dit un mot mais aurait fait des mimiques ; quelqu'un lui aurait peut-être aussi fait un bras d'honneur, mais il disait ne plus se souvenir de qui il aurait pu s'agir.

Le jeune itinérant dont il est question, interrogé en novembre 2000, a déclaré de son côté qu'il s'était accroché pour des histoires insignifiantes avec D. lors de ce bal, mais qu'Alain les avait séparés. Il n'y aurait jamais eu de bras d'honneur et rien n'aurait été reproché à Alain. Il y aurait eu simplement une réunion à Lons immédiatement après, entre cet itinérant et les compagnons. On comprend d'ailleurs bien que si trois ou quatre compagnons avaient voulu agresser D., il se souviendrait au moins de leurs noms. Et pourquoi Alain aurait-il été le seul sanctionné ?

Les compagnons avaient-ils des raisons de vouloir exclure Alain ?

Non, les compagnons charpentiers n'ont jamais été capables de fournir un seul motif recevable justifiant l'exclusion d'Alain. Les quatorze compagnons censés l'avoir exclu se sont très largement contredits sur les raisons qui les auraient poussés à le renvoyer ; chacun des cinq motifs avancés a été mentionné seulement par deux ou trois compagnons, avec autant de variantes que de personnes entendues, et ces motifs se sont avérés invraisemblables.

Y a-t-il des conseils de discipline dans le compagnonnage ?

Non. Comme il est précisé à la réponse d'une autre question, le compagnonnage est un ensemble de d'associations loi 1901. Les questions de discipline sont traitées par les conseils d'administration et les assemblées générales, conformément aux statuts de chaque association.

Alain a-t-il reçu une convocation écrite avant le 11 septembre 1998 ?

Non, contrairement à ce qui est affirmé en voix off dans le reportage, Alain n'a pas reçu de convocation écrite pour cette prétendue réunion. Les parents d'Alain l'avaient d'ailleurs expliqué avec précision au cours de l'interview. D'après certains compagnons de Lons, Alain aurait été convoqué seulement par téléphone ; selon d'autres, il aurait reçu une convocation écrite dont personne n'a retrouvé de trace. Des compagnons ont déclaré qu'Alain aurait été convoqué par le trésorier de l'association, d'autres qu'il l'aurait été par un compagnon, O., celui qui, dans le reportage, refuse de parler de la mort d'Alain. Ce dernier a affirmé en audition qu'il s'était chargé de prendre contact avec Alain et qu'il ne l'avait prévenu que par téléphone. Il a ajouté que, réglementairement, une lettre de convocation n'était pas nécessaire, tandis qu'un autre a précisé que cet envoi était habituel. Aucun des nombreux magistrats qui ont lu ce témoignage n'a relevé ce fait d'autant plus surprenant qu'Alain résidait à 600 kilomètres de Lons. La jurisprudence en matière d'association considère pourtant cette convocation écrite comme indispensable, à peine de nullité de la procédure disciplinaire.

Alain s'est-il rendu au siège de Lons le vendredi 11 septembre 1998 ?

Il n'existe aucune preuve recevable permettant de l'affirmer. À Lons, seules les dépositions des quatorze compagnons charpentiers prétendant avoir exclu Alain ont été recueillies. De même qu'au sujet des griefs contre Alain, ils se sont contredits les uns les autres sur la nature et le but de la réunion, sur le déroulement de la soirée, sur le fonctionnement de la société, sur la personnalité d'Alain, sur son comportement et ses réactions à cette séance, etc. Aucune autre personne présente ce soir-là dans les locaux du siège n'a été entendue par l'enquêteur, en particulier aucun des trois jeunes censés être allés chercher Alain à la gare de Pau. Enfin, les magistrats en charge du dossier ont toujours refusé tout appel à témoins.

Les noms des jeunes présents au siège de Lons le 11 septembre 1998 ont-ils été recherchés par la justice ?

Non, contrairement à ce qu'affirme le président national de la Fédération compagnonnique dans le reportage, la liste de tous les jeunes présents au siège de Lons ce soir-là et leur audition ont été demandées avec insistance par la famille lors du dépôt de plainte en septembre 1998, puis par les avocats successifs. Les compagnons n'ont remis à l'unique enquêteur que la liste des jeunes de l'année 1997-1998, c'est-à-dire de ceux qui avaient quitté le siège, et non celle des jeunes de l'année 1998-1999 qui, eux, étaient pensionnaires du siège le 11 septembre 1998. Par la suite, les juges d'instruction ont rejeté à plusieurs reprises nos demandes de faire entendre ces jeunes, au motif qu'après plusieurs années ils ne pouvaient plus conserver de souvenirs de l'événement. Les compagnons, de leur côté, ont tous déclaré ne plus se souvenir des noms de ceux qui étaient allés chercher Alain à la gare. Ces témoins de première importance n'ont jamais intéressé la justice ni la police.

Alain était-il exclu du compagnonnage au moment de son décès ?

Non, Alain ne pouvait en aucun cas avoir été exclu définitivement de la Société des compagnons charpentiers au moment de son décès. Alain en était sociétaire, à jour de ses cotisations. Une telle décision disciplinaire devait être ratifiée, selon les statuts, par un vote de tous les adhérents de l'association se réunissant lors d'une assemblée générale. Si une réunion a eu lieu le 11 septembre 1998 à Lons, ce ne pouvait pas être l'assemblée générale, prévue pour le 3 octobre 1998, trois semaines après le décès d'Alain.

Les magistrats ont-ils rapproché les dossiers d'Emmanuel Bouchet et d'Alain ?

Non, malgré les deux plaintes déposées simultanément par un même avocat observant les nombreuses similitudes entre les deux dossiers, les magistrats ont ouvert deux informations judiciaires distinctes et ont toujours refusé tout rapprochement. Ils se sont efforcés, contre toute évidence, de conclure que les deux décès n'étaient pas liés et ils ont toujours ordonné des actes judiciaires distincts, en accordant alternativement une attention plus particulière à l'un tout en laissant l'autre en sommeil. Enfin, ils ont toujours soigneusement esquivé toute mise en parallèle et en relief par les familles.

Les compagnons ont-ils été entendus avec insistance par la police ?

Non, l'inspecteur qui a été chargé de l'enquête sur la mort d'Alain a personnellement conclu au suicide moins de quatre heures après la découverte du corps, avant d'avertir la famille du décès. La conclusion définitive des policiers, qui a clos leur action, a été rédigée le mardi 15 septembre 1998, trois jours après. Deux compagnons seulement avaient témoigné le dimanche 13 septembre 1998 ; moins de 36 heures après cette réunion, ils se sont contredits sur presque tous les points secondaires (motifs de l'exclusion, attitude d'Alain le jour même, horaires...), mais les policiers de Pau et le procureur de la République n'ont pas poussé plus loin leurs investigations. Rien n'a été vérifié : emploi du temps, nom des assistants à la séance, etc., et bien entendu aucun appel à témoins n'a été lancé, aucune autopsie ordonnée.

La reconstitution de juin 1999 a-t-elle été effectuée par la police ?

Les policiers de Pau ont effectivement procédé à la reconstitution, mais dans le cadre de l'instruction judiciaire, et sous la direction du premier juge d'instruction, Thierry Pons. Cette reconstitution est relatée par un article du journal Sud Ouest. Ce magistrat, qui l'avait lui-même ordonnée après que nous en ayons fait la demande officielle, s'est plus tard dit « non convaincu » par l'acte. Il l'a décrite, dans une ordonnance ultérieure, comme « ce qui est présenté par les parties civiles comme une reconstitution, alors qu'il s'agissait à plus proprement parler d'une mise en situation avec des moyens non scientifiques ». Bien évidemment, toutes les pièces de l'instruction font référence à « la reconstitution ». Mais comme, à leur grand dépit, elle contredisait leur thèse du suicide, aucun des magistrats n'a voulu tenir compte du résultat.

Y avait-il des traces de sang à l'emplacement du corps ?

Bien que du sang ait taché tous les vêtements d'Alain du col de la veste jusqu'au bas du pantalon (voir l'état des vêtements), il n'y avait, en tout et pour tout sur les lieux, qu'un mince filet de sang sous la tête, d'environ 12 cm de long sur 2 cm de large. Le crâne d'Alain était pourtant marqué d'une embarrure : une large plaie ouverte avec un morceau d'os complètement détaché à l'arrière.

Les policiers sont-ils les seuls responsables de l'enquête ?

Non, dans une affaire de mort suspecte, les policiers qui prennent part à une enquête sont systématiquement sous les ordres de magistrats. Dans un premier temps, ils obéissent au procureur de la République ou à ses substituts et, dans un second temps, dans le cas où une instruction judiciaire est ouverte (par le procureur de la République ou sur constitution de partie civile), ils reçoivent des directives d'un juge d'instruction, sous forme de commissions rogatoires. Par ailleurs, avant d'être envoyées au procureur, les conclusions des enquêteurs sont supervisées par le commissaire principal et par le commissaire divisionnaire.

Pourquoi les magistrats ne témoignent-ils pas dans l'émission ?

D'après un journaliste réalisateur de ce reportage, aucun magistrat n'a souhaité s'exprimer ni se laisser filmer pour donner son interprétation du dossier dans le reportage.

Les journaux locaux ont-ils dénoncé l'affaire ?

Non, malgré toutes nos démarches, les deux premiers articles de journaux ne sont parus que le 11 janvier 1999, quatre mois après le décès d'Alain, à l'occasion de notre constitution de partie civile (une plainte contre X était déjà déposée depuis septembre 1998). Les articles n'étaient pas d'une longueur extraordinaire et se trouvaient perdus au milieu de La République des Pyrénées et de l'édition béarnaise du journal Sud Ouest. Ils n'étaient guère critiques envers les policiers, les magistrats et surtout les compagnons. Le reportage publié par Canal Plus est le premier et le seul compte rendu journalistique qui replace la mort d'Alain dans son contexte compagnonnique.

Les compagnons ont-ils des relations privilégiées avec les municipalités ? 

Une longue tradition de convivialité unit les compagnons charpentiers de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment à certaines municipalités des villes où sont implantés les sièges compagnonniques. Ainsi, tous les ans lors de leur fête patronnale de la Saint-Joseph, une réception leur est offerte par le maire à l'Hôtel de ville de Toulouse.

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18/09/2006