ASSASSINAT D'UN ASPIRANT COMPAGNON
DU TOUR DE FRANCE ?

UN ARTICLE DU JOURNAL LE PARISIEN

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Cliquer pour agrandir Cliquer pour agrandir Cliquer pour agrandir Cliquer pour agrandir Un article du journal Le Parisien sur les morts suspectes d'Alain Dubois et d'Emmanuel Bouchet
Cliquer pour agrandir Cliquer pour agrandir Cliquer pour agrandir Cliquer pour agrandir Cliquer pour agrandir Un article du journal Le Parisien

Des informations supplémentaires pourront être trouvées sur le site d'Emmanuel Bouchet.

Le dossier n'est pas vide. Il contient :

  • de nombreux indices matériels dont plusieurs anomalies physiologiques révélées par l'autopsie, pour lesquelles les experts n'ont pas cherché à apporter d'explications (Alain, par exemple, avait un bras dressé vers le haut, ce qui a été décrit par la personne qui a découvert le corps et est bien visible sur les photos de l'identité judiciaire ; les taches et les déchirures des vêtements n'ont pas reçu plus d'explications, etc...).

  • des contradictions dans les témoignages recueillis chez les compagnons charpentiers.

La tribunal de Pau ignore délibérément ces éléments et ne s'attache qu'à ceux qui peuvent éventuellement se rapprocher de la thèse du suicide.

Les experts ont affirmé que si le corps a été retrouvé sur le terre-plein, c'est parce qu'Alain s'est laissé glisser au bord de la corniche ; or, dans ce cas, il aurait ricoché sur la corniche inférieure qui l'aurait rejeté vers l'allée (voir la photo du Pavillon des Arts), comme cela s'est produit pour le mannequin lors de la reconstitution. Pourtant, l'inspecteur de police s'était efforcé de le faire chuter au plus près du bâtiment.

Cette reconstitution a apporté la preuve qu'Alain ne pouvait pas tomber à cet endroit. D'autres personnes se sont malheureusement suicidées en ces lieux mais toutes sans exception sont tombées dans l'allée.

Le problème, c'est que, pour le tribunal de Pau, rien de ce qui prouve qu'Alain ne s'est pas suicidé ne semble intéressant..

Voici une retranscription de cet article de journal :

LES FAITS DIVERS (Les énigmes de l'été)

Les étranges suicides du Belvédère de Pau

Cet été, " le Parisien " et " Aujourd'hui en France " vous proposent de découvrir chaque vendredi les coulisses d'enquêtes policières ou judiciaires qui restent des énigmes. Deuxième volet de la série : le mystère des suicidés de la falaise.

Pau (Pyrénées-Atlantiques)

L'énigme tient en deux indices : une feuille de palmier et une chaussure manquante. En l'espace de six mois, en mars et septembre 1998, les cadavres de deux garçons ont été retrouvés au pied du Belvédère qui délimite le sud du centre-ville de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Emmanuel Bouchet, apprenti pâtissier, n'était âgé que de 18 ans. Alain Dubois, apprenti charpentier, compagnon du Tour de France, avait deux ans de plus. Sous leurs corps, les policiers ont donc retrouvé une feuille de palmier. Et ils ont cherché, en vain, la chaussure droite des deux défunts.

En dépit de cette similitude troublante, les enquêteurs de la sûreté urbaine de Pau ont conclu à des suicides, hypothèse bientôt battue en brèche par différentes expertises. Le juge Thierry Pons s'apprête pourtant à refermer les dossiers. " Il n'y a pas de piste, pas d'auteur potentiel, regrette Jean-François Blanco, l'avocat de la famille Bouchet. Les défaillances de la police ont condamné la justice à l'impuissance. "

Contre les évidences, la police conclut au suicide

Le dimanche 22 mars 1998, un promeneur découvre le corps d'Emmanuel Bouchet, gisant dans la vase du canal Heïd. Emmanuel a disparu depuis onze jours. " Le 11 mars, il m'a dit qu'il allait boire un verre dans le centre de Pau, explique sa mère, Marie-Josée Salles. Le lendemain, son vélo a été retrouvé, cadenassé, sur le Belvédère. Ensuite, je n'ai plus eu de nouvelles. " Emmanuel, qui porte des traces de coups, est mort noyé. Il n'a pas eu de fracture du crâne. En dépit de ces constatations, le commandant Alain A., en charge de l'enquête, privilégie aussitôt la thèse du suicide. Emmanuel se serait jeté du haut de la falaise. " Nos investigations ont montré que ce jeune homme avait de gros problèmes avec sa petite amie. ", souligne un enquêteur. Le procureur hésite, ordonne une seconde autopsie, puis se range à l'avis du policier. Les parents, qui ne l'entendent pas de cette oreille, se constituent partie civile. Une information judiciaire est ouverte en décembre 1998.

Dès janvier, la thèse du suicide est rejetée. Une expertise du docteur Pépin, toxicologue, souligne que l'eau retrouvée dans les poumons du jeune homme n'est pas identique à celle du canal. Un légiste estime que la mort remonte à " huit à dix jours ", tandis qu'un autre explique que le cadavre n'a séjourné que quatre jours dans l'eau. En octobre, le juge fait procéder à une reconstitution avec des mannequins. Aucun d'entre eux ne tombe dans le canal.

Le 27 avril, trois experts, deux médecins et un physicien, rendent leur rapport. Leurs conclusions sont claires : " le polytraumatisme dont a été victime Emmanuel ne s'avère pas compatible avec la chute du haut du Belvédère. L'ensemble du crâne et du rachis cervical ne présente aucune lésion et qu'un phénomène de rebond après la chute ne pouvait aucunement projeter le corps dans le canal. "

Agacé, le juge demande à la PJ de reprendre l'enquête en mai 2001. Celle-ci interroge les amis d'Emmanuel et le personnel du dernier bar où il a été vu. Sans résultat. En mars 2003, la PJ conclut à nouveau au suicide. Selon les policiers, le jeune homme se serait jeté du Belvédère, aurait rebondi au sommet d'un palmier et, encore vivant, aurait rampé sur une cinquantaine de mètres pour se noyer dans le canal ! " Cette hypothèse est complètement farfelue, s'insurge Me Blanco. Il est désespérant de voir que les policiers ne veulent pas reconnaître leurs erreurs. "

Sur le second corps, la même chaussure manquante, la même feuille de palmier

L'histoire d'Alain Dubois, retrouvé six mois plus tard au pied du Belvédère, est étonnamment similaire. La même feuille de palmier, la même chaussure manquante et le même acharnement du commandant A. à privilégier la thèse du suicide. Le soir du 11 septembre 1999, Alain était convoqué dans la banlieue de Pau, au siège des apprentis compagnons du tour de France. L'association a prononcé son exclusion pour raisons disciplinaires. Le jeune homme, dépité, serait alors parti seul, à pied, vers le centre de Pau. " Les compagnons étaient toute sa vie. Il n'a pas supporté son exclusion et s'est jeté du haut de la falaise. ", selon le policier. La mère d'Alain ne veut pas admettre cette hypothèse. Et plusieurs incohérences plaident pour elle. Outre certaines bizarreries révélées par l'autopsie, c'est le lieu de la découverte du corps qui pose problème. Alain a été retrouvé en haut d'un talus situé au pied de la falaise, mais dans un renfoncement.

Une reconstitution, organisée le 14 juin 1999, a confirmé cette incohérence majeure. Cinq essais sont pratiqués. Aucun mannequin ne tombe à l'endroit où a été retrouvé la cadavre et les enquêteurs doivent évoquer un improbable " trou d'air " pour justifier leurs conclusions initiales. Excédée, Marie-Josèphe a demandé à Me Didier Seban de tenter de relancer le dossier. Ce dernier, comme celui d'Emmanuel Bouchet, demeure désepérément vide. On n'y trouve qu'une feuille de palmier et une chaussure manquante.

Frédéric Vézard

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